Joseph Tux

Syndrome d’ apnées du sommeil révélé à l’arrêt du tabac

Une association à connaître.
jeudi 21 août 2014 par Joseph Tux2

Le tabac est un psycho stimulant trop bien connu.
Il n’est pas question ici de parler de ses nombreuses autres « qualités » : dépendance, accoutumance, toxicités et cancérogénèses, ni du marché ou ses idéologies.

Mais il se trouve qu’on peut être fumeur et sujet aux apnées du sommeil.

Cas N° 1

1 SEVRAGE

Tabagisme très important (60 cigarettes/jour au minimum), depuis une vingtaine d’années.
Mr X, 38 ans, décide de s’arréter. Sans aides autres que sa décision, et pour seul soutien des litres d’eau pendant quelques semaines, il n’aura plus fumé que quelques dizaines de cigarettes et cigarillos dans l’année qui suit. Il aura du résister à la tentation ( provoquée par ses relations ) pendant encore une année supplémentaire. Cela fait maintenant 30 ans qu’il n’a pas fumé, en dehors du tabagisme passif, imposé jusqu’à la loi antitabac sur les lieux publics et les lieux de travail.

Conséquences

  • Retour du goût et de l’olfaction, meilleure forme. Peu de prise de poids à cette époque, les premières années, mais quelques kilos de plus ensuite. (78 kg pour 1m72)
  • Apparition de diverse pathologies :
    • Une toux quasi permanente, prise pour une bronchite chronique à la suite des dégâts probables du tabac. Cette toux, généralement déclenchée par la présence de fumée imposée, durait en général 3 à 6 semaines.
    • Une dermatite séborhéïque très importante, proche d’un tableau de Lupus sur le visage, la poitrine, les plis auriculaires, le crâne etc.., avec apparition progressive d’une alopécie ( en quelques mois, limitée au sommet du crâne )
    • Des troubles neurologiques : céphlées sévères, induisant une consommation importante et habituelle de Paracétamol (au moins 60 g /mois, soit 3g/j x 20 jours / mois ), éblouissements ( défauts visuels de quelques dizaines de seconde, puis flou visuel quelques minutes ), impatiences nocturnes des membres inférieures.
  • fatigabilité de plus en plus importante au fil des années, avec un état sub-confusionnel, voire confusionnel particulièrement repérable au travail.

TRAITEMENT

15 ans plus tard, en raison de la toux persistante, et des surinfections 2 ou 3 fois par an, il consulte un pneumologue, - il y a environ 12 ans, à 55 ans - qui diagnostique un asthme ( défini aujourd’hui comme un inflammation ), et un impotant syndrome d’apnée du sommeil ( 30 apnées et 30 micro éveil par heure, PaO2 = 75% cinq heures après l’éveil )

L’asthme est traité, principalement par corticothérapie inhalée pendant 2 ans et a complètement disparu.
La dermatite a également disparue, sans doute en raison du retour à une oxymétrie quasi normale.
Le syndrome d’apnée du sommeil est traité par ventilation nasale en pression positive pendant ces 12 dernières années.
Une certaine fatigabilité reviens dés qu’un manque, même minime, de sommeil intervient.
Sa durée moyenne sous ventilation est de plus de 9h30 ( soit environ 9h de sommeil ), stable depuis le début du triatement.
Un ou deux ans après le début de ce traitement, un ami rencontré après plusieurs années lui a fait la remarque « Comme tu as rajeuni »

DISCUSSION

Il semble que l’usage toxicomaniaque du tabac ait partiellement masqué le syndrome d’apnée du sommeil

  • Comme stimulant psychique et respiratoire [1]
  • Comme masque aux symptomes fatigue et toux.

L’arrêt du tabac semble avoir aggravé le syndrome d’apnées du sommeil, et la fatigue a progressivement fait place à un véritable épuisement physique, sensoriel et psychique.

Le syndrome respiratoire, l’asthme est classiquement associé au syndrome d’apnées du sommeil.

CONCLUSION

Penser au syndrome d’apnée du sommeil particulièrement lors du sevrage tabagique.

L’association sevrage tabagique (et nicotinique) avec l’apparition ( révélation, aggravation ou déclenchement ) d’un syndrome d’apnées du sommeil est donc à envisager lors de toute aide au sevrage.

Ici Mr X était particulièrement motivé et décidé à arréter le tabac ; mais on sait, surtout pour les fumeurs ayant commencé tôt ( malheureusement de plus en plus nombreux ), que la difficulté est grande pour beaucoup.

L’aggravation de l’état général et l’apparition de pathologies éprouvantes est un obstacle au sevrage qu’il convient de repérer rapidement.

Les nicotines per-cutanée, par vapotage ou chewing-gum, chiques ou prises sont plus ou moins discutables, mais je n’ai lu auune étude portant sur cette question.

NOTE
Il est classiquement déconseillé aux personnes sujettes au syndrome d’apnées du sommeil de prendre le moindre psychotrope tel qu’ alcool ou café, excitants ou tranquilisants.

Cas N° 2

Mr M, artisant plombier-chauffagiste, proche de la retraite, fumeur, s’arrête de fumer, en s’aidant de patch de nicotine.

Mr M est connu pour ses qualités professionnelles exceptionnelles, consciencieux, scrupuleux, et remarquablement compétent. J’en témoigne d’abord en tant que client de ce plombier.

Ces qualités particulièrement appréciées, tant elles semblent d’un autre âge ( un âge d’or qui aurait existé ), se font au prix d’une grande lenteur, liée à une observation et une réflexion réelles et efficaces, mais avec aussi les inconvénients que vous pouvez imaginer, cumulés à ceux bien connus à propos de sa profession.
Il travaille beaucoup, il est même venu un dimanche pour accompagner (gratuitement) l’électricien qu’il avait sollicité en urgence. [2]

Je ne suis pas son médecin.

Cependant, j’ai appris que, récemment, il a fait un malaise, de type malaise vagal peut-être, puisqu’il ne semble pas avoir eu de suite sur le plan cardiaque.

Il a vu son généraliste, qui a diagnostiqué un possible syndrome d’apnées du sommeil, confirmé par son épouse

IDEES

Je n’en sais pas beaucoup plus, mais convenez que son aventure évoque celle, mieux documenté de Mr X.

Discussion

Dans ces 2 cas on repère facilement des traits de personnalité obsessionnels.

Cependant, on peut discuter de ces traits de caractères comme associant la faiblesse physique et l’ambition louable d’assumer les contraintes minimale de toute vie sociale.

Bien entendu dans notre monde ultra-libéral où la compétition s’impose comme alternative au handicap dont le seuil ne cesse de s’étendre, ce mode d’adaptation a été culturellement encouragée.

La question du profil psychologique pose une fois de plus celle des associations avec des traits plus physiques.

Les épouses (époux pour les femmes) sont de précieux indicateurs des apnées du sommeil de leurs conjoints.
Faire connaître cette maladie est donc un bon moyen de la dépister.

Développer :
Fréquence et durée des apnées repérées par le conjoint pour envisager le diagnostic.
Les autres symptômes.

On trouve tout sur internet...

[1Le tabac a été le premier traitement pharmacologique de l’asthme. (PS : il n’est plus recommandé !)

[2Je sens que vous ne me croyez pas, je vous assure pourtant que je n’en ajoute pas


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